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Don d’organes, greffes et xénogreffes : le CCNE publie son Avis n°152

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Face à l’augmentation des besoins de transplantation et aux inégalités persistantes d’accès à la greffe, le CCNE publie son Avis n°152, « Dons d’organes, allogreffes et xénogreffes : enjeux éthiques ».

Quinze ans après son précédent avis sur le sujet, le CCNE formule 7 propositions pour renforcer l’effectivité du modèle français du don et de la greffe et ouvre la voie à la recherche sur les xénogreffes.

En moins d’une décennie, le nombre de patients inscrits sur la liste nationale d’attente a augmenté de 50 %, passant de 15 538 au 1er janvier 2017 à 23 294 au 1er janvier 2026. Le nombre de patients décédés alors qu’ils étaient inscrits sur liste d’attente est, lui, passé de 590 en 2017 à 966 en 2025, soit une hausse de 64 %.

En 2025, 6 148 greffes d’organes ont été réalisées en France. Pour le CCNE, cet écart entre les besoins des patients et les greffons disponibles constitue un enjeu éthique majeur, mais n’est pas une fatalité. L’expérience d’autres pays, notamment celle de l’Espagne, montre qu’une organisation plus performante du prélèvement peut permettre d’obtenir de meilleurs résultats.

« La détresse des patients en attente de greffe n’est pas abstraite. L’attente se prolonge, l’état de santé se dégrade, la vie est menacée. Cet écart entre leurs besoins et les greffons disponibles constitue un enjeu éthique majeur. Les résultats obtenus en Espagne montrent bien que cette situation n’a rien d’inéluctable. »

  • Yvanie Caillé
  • membre du CCNE, co-rapporteure de l’Avis 152 et présidente fondatrice de Renaloo

Le modèle français repose sur trois principes : le consentement présumé, la gratuité et la solidarité. Pour le CCNE, leur effectivité doit s’accompagner de moyens et d’une organisation adaptés aux besoins des patients.

L’Avis 152 formule 7 propositions, notamment pour :

  • renforcer les équipes et les réseaux dédiés au prélèvement ;
  • développer le prélèvement après arrêt circulatoire contrôlé ;
  • développer la greffe rénale à partir de donneurs vivants ;
  • autoriser le don de rein non dirigé et les chaînes de dons croisés ;
  • renforcer l’information et la pédagogie sur le don d’organes, notamment auprès des jeunes.

Le CCNE appelle également à ce que toute situation dans laquelle un décès est attendu conduise à examiner la possibilité d’un don d’organes, dans le respect de la volonté du patient et de l’accompagnement des proches.

Les avancées récentes des xénogreffes d’organes de porcs génétiquement modifiés conduisent le CCNE à considérer qu’il est pertinent d’ouvrir la voie à la recherche en France.

Cette perspective doit toutefois s’inscrire dans un cadre particulièrement exigeant, portant notamment sur le rapport bénéfices-risques, le consentement, les risques infectieux et le bien-être animal.

Pour le CCNE, la xénogreffe doit être envisagée comme un complément, et non comme un substitut, au don d’organes humains.

« Chaque greffe est un acte de solidarité. Garantir qu’il puisse bénéficier à tous ceux qui en ont besoin, dans des conditions équitables et respectueuses de chacun, constitue une responsabilité collective. »

  • Pr. Jacques Duranteau
  • membre du CCNE, co-rapporteur de l’Avis 152 et Professeur d’anesthésie-réanimation et médecine périopératoire

À travers cet avis, le CCNE appelle à mobiliser pleinement les possibilités de prélèvement et de greffe pour mieux répondre aux besoins des patients et réduire les inégalités d’accès à la transplantation, tout en anticipant, dans un cadre rigoureux, les évolutions scientifiques à venir.

_Les données mentionnées sont issues des sources citées et contextualisées dans l’Avis 152.