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Communiqué de presse publication du rapport N°125

16/06/17

Biodiversité et santé : nouvelles relations de l’humanité avec le vivant ?

 

Biodiversité et santé : nouvelles relations de l’humanité avec le vivant ?

 

En proposant une réflexion éthique sur les relations de l’humanité avec la biodiversité, partie

vivante de la nature, le CCNE rappelle d’abord que l’humanité fait partie de cette

biodiversité. Sa position au sein de la biodiversité et ses capacités à l’altérer rendent

nécessaire un changement des relations qu’elle tisse avec l’ensemble du vivant. Dès lors, le

questionnement éthique réside dans l’analyse des conséquences de nos actions, voire dans

l’analyse des causes, c’est-à-dire les modalités de nos interactions avec les autres membres

de l’humanité et l’ensemble du vivant.

 

Pour le CCNE, la démarche éthique en sciences de la vie et de la santé se doit de porter

dans le débat public les questionnements sur les causes de la pérennité de la pauvreté et de

la faim dans le monde, alors que près d’un milliard d’individus souffre de malnutrition. Par

ailleurs, les problèmes de santé s’accroissent, en rapport avec les atteintes à la biodiversité,

avec l’augmentation de la démographie et l’accroissement des flux migratoires. Au cours des

quinze dernières années, l’altération des conditions d’environnement et de la biodiversité

explique l’augmentation des maladies émergentes humaines, notamment en favorisant les

vecteurs de ces maladies.

 

Mieux comprendre les liens entre biodiversité et santé, dans un contexte d’imprévisibilité,

notamment liée aux processus de l’évolution biologique, questionner la notion de progrès

jusqu’ici assimilée à une maîtrise croissante du vivant, mieux partager enfin l’ensemble des

connaissances scientifiques doivent désormais faire partie de la responsabilité des

communautés scientifiques.

 

Pour le CCNE, rechercher des synergies entre les possibles développements de l’humanité,

en abandonnant l’utopie d’une nature asservie par l’humanité et en respectant les processus

dynamiques des écosystèmes s’impose désormais. Ceci s’applique tant au niveau local qu’à

travers des éléments de gouvernance mondiale. Cela passera nécessairement par

l’engagement décisif des citoyens.

 

C’est sur la base de ces questionnements que ce rapport propose de rechercher les voies

d’une coévolution raisonnée de l’humanité avec l’ensemble du vivant afin de mieux préserver

ses potentialités de bien-être et de santé en général.

 Le 1er juin 2017